L’aquaculture, un secteur menacé par l’immobilisme politique et des entraves administratives kafkaïennes

Pendant 5 ans, le gouvernement a affiché une volonté de développer la filière. Ainsi le Programme opérationnel du Fond européen pour la Pêche sur la période  2007-2013 visait-il « une augmentation de la production de l’ensemble des espèces marines et d’eau intérieure de 20 % à échéance 2013.»

 

Pourtant la filière aquacole n’a jamais été aussi affaiblie. La France était le premier producteur européen de truites il y a 20 ans, elle n’est plus que le troisième aujourd’hui.

 

L’exemple emblématique de cette incohérence, c’est la politique française de l’eau. La loi sur l’eau et les milieux aquatiques de décembre 2006 constituait une avancée importante : elle prenait en compte de manière équilibrée les besoins des professionnels et les préoccupations écologiques. La non-application des arrêtés ministériels de prescriptions du 1er avril 2008 et de leur circulaire d’application a tout remis en cause. Malgré plus de 150 réunions de travail entre la profession et les ministères de l’écologie et de l’agriculture, nos exploitations sont toujours dans une incertitude totale quant à leur devenir.

 

Autre exemple : le classement des cours d’eau, visant notamment à protéger les espèces de poissons migrateurs, s’est fait depuis 2010 sans aucune consultation de la filière piscicole.

 

La législation environnementale ne prend pas en compte les enjeux sanitaires et risque de mettre à mal certaines avancées obtenues dans ce domaine.

 

Face à ces difficultés, les professionnels de l’aquaculture française ne baissent pas les bras. Ils ont besoin que votre engagement politique soit à la hauteur de leurs ambitions et se traduise par des actes concrets.

L’aquaculture, un gisement de croissance et d’emplois en milieu rural

 

Séduits par sa qualité nutritionnelle, dont son apport en acides gras omégas 3, les Français mangent de plus en plus de poisson. Pourtant la production nationale (pêche et aquaculture) couvre moins d’un quart de la consommation, ce qui entraîne un déficit de 1,9 milliards d’euros de la balance commerciale. Face à la raréfaction des ressources halieutiques sauvages, l’aquaculture est une solution d’avenir.

 

L’aquaculture française, c’est près de 500 entreprises et des dizaines de milliers de propriétaires d’étangs, qui représentent 2500 emplois directs et 10 000 emplois indirects. Le chiffre d’affaires global du secteur s’élève à 260 millions d’euros.

 

Ces chiffres pourraient être bien supérieurs, car la demande existe, et avec ses 5 500 kilomètres de littoral, ses milliers de rivières et ses dizaines de milliers d’hectares de plans d’eau, la France présente des atouts naturels pour l’élevage de poissons en eau douce et en eau de mer.