La Pisciculture française dans l’impasse : 10 000 emplois en danger !

« Quel paradoxe ! Les français préfèrent manger français, tous les sondages le prouvent, et mettent pourtant dans leurs caddies trois produits halieutiques sur quatre de provenance étrangère ». En 2008, le rapport de la mission sur le développement de l’aquaculture confiée à Madame Hélène Tanguy par les Ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie posait un diagnostic clair sur l’état de la filière piscicole française, les contraintes qui l’étouffent et « la nécessité urgente et impérieuse de relancer une vraie politique de développement durable de l’aquaculture française. »

 

De 2007 à 2012, le gouvernement a affiché sa volonté de soutenir la filière piscicole et son développement, et bon nombre de parlementaires ont œuvré dans le même sens, sans toutefois que cette volonté politique ait pu se convertir en actes tangibles sur le terrain.

 

Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, Monsieur CUVILLIER, Ministre délégué auprès de la Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, est en charge des transports, de la mer et de la pêche, et donc de la pisciculture. Dans son discours de clôture aux Assises de la pêche et des produits de la mer qui ont eu lieu le 30 mai dernier, il a indiqué qu’aussi bien sous sa forme marine que continentale « l’aquaculture ne doit pas être laissée de côté … c’est un secteur à valoriser dont la France ne peut rester absente».

 

Il est urgent de concrétiser ces volontés politiques car la pisciculture française est étouffée et en danger. Il est urgent d’intégrer les éléments économiques et sociétaux aux éléments environnementaux dans l’approche de la durabilité. Il est urgent d’apporter cohérence et simplification à la réglementation et la législation en vigueur ou en préparation. Il est urgent de donner les moyens à la filière piscicole de se pérenniser et de se développer. Il est urgent enfin de reconnaitre la spécificité de la filière et lui donner la place qui lui convient.

 

En France comme à l’échelle mondiale, l’aquaculture apporte une solution complémentaire à la pêche pour répondre à la consommation croissante de poissons et de produits de la mer. Notre pays possède à la fois des atouts naturels et des entreprises innovantes pour développer l’aquaculture. Donnez à celle-ci les moyens de ce développement.

 

C’est à l’ensemble du gouvernement et de nos élus que nous nous adressons aujourd’hui pour que chacun et chacune d’entre vous, dans la politique du monde rural, dans la gestion des filières de l’élevage agricole, dans la politique de la pêche et de l’aquaculture, dans le redressement productif de nos entreprises, vous engagiez pleinement pour que rapidement des résultats arrêtent l’asphyxie et donnent une visibilité à notre filière.

Yvette White, secrétaire générale